L'ICRSP répond en méprisant les victimes
et le rapport de la Cellule dérives sectaires à son encontre
et le rapport de la Cellule dérives sectaires à son encontre
4 août 2026
"Mépriser : estimer indigne d'attention ou d'intérêt. Dédaigner, négliger."
A la suite de l'article consacré par Oise Hebdo au rapport de 2014 de la cellule dérives sectaires de la Conférence des Evêques de France (CEF) sur l'ICRSP, l'Institut a souhaité publier un droit de réponse. Interrogé dans cet article, le collectif de victimes dénonçait le silence et l'inaction de l'Eglise malgré de multiples alertes depuis de nombreuses années.
L'ICRSP conteste donc l'ensemble des critiques et témoignages qui font état d'abus de différentes natures, mais va plus loin en méprisant la parole des témoins, des victimes :
"Le collectif anonyme créé fin mars 2026 n’a de collectif que le nom.
Le rapport dont il fait état n’est pas un rapport ni même une enquête « des évêques de France » mais un document adressé aux Évêques de France et compilant des allégations anonymes, des ragots ou des propos invérifiables, dont l’auteur n’a pas vérifié, même sommairement, la crédibilité alors même que certaines d’entre elles sont truffées d’erreurs factuelles et objectives.
Un « témoin » anonyme de cette compilation a rapporté des propos d’une victime alléguée de viol, propos confiés « à la fille d’une amie » qui l’a rapporté au « témoin » anonyme. Il ne s’agit donc pas d’un témoignage mais de propos triplement indirects. Ce « témoin » anonyme qui n’a donc été témoin de rien a dénoncé un viol qui aurait été commis par un jeune devenu depuis membre de l’ICRSP, sur un proche, et dans un lieu déterminé.
Ce prétendu « collectif » relève qu’aucune plainte n’a été déposée par la victime alléguée, et pour cause. Une enquête canonique a, en effet, été menée concernant ce membre de l’ICRSP qui a abouti à l’affirmation de son innocence : la victime alléguée l’a mis formellement hors de cause ! L’enquête se terminait par ce constat : « L’innocence de l’accusé est pleinement démontrée. »"
Un rapport d'une ancienne juge d'instruction
Cette réponse, ce mépris à l'égard des victimes et du rapport de 2014 appellent quelques explications.
Les accusations d’inceste à l’encontre d’un prêtre de cet institut relayées dans le rapport de 2014 de la Cellule emprise et dérives sectaires de la Conférence des évêques de France, ne sont absolument pas l’essentiel des faits reprochés à cette communauté religieuse. L’ICRSP informe qu'une enquête canonique (donc interne à l’organisation religieuse et non une enquête pénale) a permis d’innocenter le chanoine mis en cause sur ce fait précis. Dans son droit de réponse, l’ICRSP met pourtant en cause l’ensemble dudit rapport. On ne peut invalider entièrement l’important travail de son auteur, ancienne juge d’instruction mandatée par les évêques pour diriger cette cellule, à l’aune de ce cas qui n’en représente que quelques lignes.
Rapport de la Cellule emprise et dérives sectaires de la Conférence des évêques de France de 2014.
Le président de la Cellule, Mgr Brunin, confirmait en outre en 2023 à propos de l’ICRSP : “Il y a des signes de dérives sectaires.” La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), organisme étatique français, confirme elle aussi “avoir reçu des signalements”. En Belgique, le CIAOSN (centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles) a également été saisi.
Travestir la vérité et faire pression sur les victimes
De nombreuses victimes, en France et à l’étranger : prêtres et séminaristes, religieuses, parents de clercs, laïcs, témoignent de leurs souffrances et d’abus de différentes natures. Certains ont alerté il y a plus de vingt ans sans être suffisamment entendus. Le collectif (re)créé au printemps dernier a pour but de compiler l'ensemble de leurs témoignages, les nombreuses preuves, et de les aider à coordonner leurs actions. Il ne s’agit en aucun cas d’une initiative individuelle comme tente de le faire croire l’ICRSP.
Nous déplorons enfin qu'au lieu de prendre le temps d’écouter les plaignants et de reconnaître la vérité, il soit systématiquement tenté de les isoler, de les discréditer, de faire croire à de la médisance, de travestir la vérité y compris par des communiqués mensongers, et de faire subir des pressions à ceux qui ont le courage de dénoncer des agissements indignes d’une organisation chrétienne.