Humiliations, isolement, emprise…
D’anciennes sœurs de l’ICRSP brisent le silence
D’anciennes sœurs de l’ICRSP brisent le silence
7 août 2026
Pour la première fois depuis la création de la branche féminine de cette communauté catholique traditionaliste, dont le siège français est installé dans l’Oise, d’anciennes sœurs témoignent en France auprès du Parisien
"Sœur Béatrice et Mélina estiment pour leur part que cet institut a tout d’une secte, « une vraie »", lit-on dans cet article qui rappelle en outre que "l’ICRSP est visé depuis plus de dix ans par des alertes auprès de l’Église de France et des signalements adressés au Vatican et à la Miviludes (la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) pour de possibles phénomènes d’emprise et dérives sectaires."
Interdit de regarder les séminaristes dans les yeux
Le quotidien de ces femmes est ensuite décrit, notamment leurs relations avec les membres masculins de l'ICRSP à qui elles ont interdiction "d'adresser la parole" : "Nous n'avions pas le droit de regarder les séminaristes dans les yeux." (...) Les amitiés particulières entre sœurs étant également proscrites, "les conversations entre deux sœurs sont, elles aussi, limitées".
"Les sœurs vomissaient car on les forçait à manger"
Les ex sœurs décrivent également leurs conditions de vie parfois précaires : fuites dans le toit, absence de chauffage, promiscuité... L'une raconte avoir été "installée dans une pièce prévue pour une seule personne, mais occupée par deux, séparées par un simple morceau de tissu".
Une autre relate l'ambiance à table et l'obligation de terminer son assiette et de se resservir : "Les sœurs vomissaient car on les forçait à manger."
La Cavimac est le régime de base obligatoire de sécurité sociale dédié au monde cultuel auquel les religieuses affirment n'avoir pas été affilié.
Jamais affiliées à la caisse de retraite et maladie
Les femmes qui ont accepté de témoigner racontent enfin leur cheminement intérieur qui les a poussées, malgré des années de calvaire, à se décider à quitter la communauté à qui elles avaient tout donné. "Je suis sortie sans vêtements, sans argent", livre Christine au Parisien.
Plus grave encore, elles affirment toutes "n'avoir jamais été affiliées à la Caisse d'Assurance Vieillesse, Invalidité et Maladie des Cultes (Cavimac)". C'est pourtant une obligation légale. "Je n'ai rien, je vis au jour le jour", soupire l'une d'entre elles.
Tous ces témoignages concordent avec ceux partagés par d'anciennes sœurs américaines au printemps dernier dans The Pillar ou dans les témoignages partagés sur Convent Reform. Elles décivaient notamment comment, malgré le luxe dans lequel vivent les supérieurs de l'ICRSP, des sœurs étaient obligées, de leur côté, d'aller chercher leur nourriture à l'aide alimentaire.