Une enquête du quotidien Le Courrier Picard lève sur la “très discrète” implantation de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre dans l'Oise.
Le journal régional Le Courrier Picard publie une enquête sur l'implantation locale de l'Institut du Christ Roi (ICRSP) dans son édition du 24 août 2026, mais aussi sur son site Internet. Une communauté qu'il qualifie de « très discrète mouvance catholique traditionaliste ». L'article explique que l'Institut s'est installé à Montagny-Sainte-Félicité (siège de la province de France) et possède à Ver-sur-Launette le domaine de Loisy, un complexe de 12 hectares abritant un couvent de religieuses recluses où se trouvent également un "lieu de retraites pour adultes et un centre de vacances pour enfants de l'ICRSP".
Si l'Institut affiche une image de piété austère, l'élément central de l'article réside dans les révélations portant sur ses méthodes d'encadrement et ses dérives. Dès sa « Une », le journal titre : « La communauté traditionaliste taxée de dérives sectaires », soulignant que pour ses détracteurs, le mouvement « masque surtout des "dérives sectaires" ».
L'enquête s'appuie entre autres sur le rapport rédigé en 2014 par la Cellule Emprise et dérives sectaires. Ce document officiel faisait état de faits particulièrement inquiétants : « culte de la personnalité du fondateur », « dénigrement de l'Église », « coupure avec l'extérieur » ou « vie évangéliquement incohérente des chefs ».
L’article donne également la parole au collectif des victimes, reconstitué en mars 2026, et qui détient une « liste noire » des abus ainsi que de nombreux témoignages d'anciens religieux ou de fidèles. Le collectif dénonce formellement : des « phénomènes d'emprise » voire des « abus et agressions sexuelles ».
Le quotidien précise d'ailleurs que « des prêtres de l'ICRSP ont été condamnés pour agressions sexuelles en Mayenne ou dans le Nord », bien que ces faits « ne peuvent être généralisés à l'ensemble de la communauté ».
Un catholique pratiquant de la région témoigne du mode de vie reclus au domaine de Loisy : « Les religieuses vivent de manière recluse et ne parlent à personne de l'extérieur ». En outre, le collectif accuse la communauté d'être « "proche de l'extrême droite" », citant notamment la présence d'un chanoine de l'Institut aux obsèques de Jean-Marie Le Pen.
« Le diocèse a besoin d'eux
pour pallier le manque de prêtres
et vice versa »
Face à ces accusations, l'article donne la parole aux différentes parties. L’ICRSP, via l’abbé Adrien Mesureur, dénonce comme d’habitude « "un collectif anonyme et des calomnies diffamatoires" ». Il passe sous silence que ce collectif composé d’anciens membres et fidèles dispose de nombreux documents et témoignages de personnes restées parfois de très nombreuses années au sein de l’Institut.
Le diocèse de son côté indique qu'aucune plainte ou signalement n'est remonté dans le diocèse. Les prêtres agissent avec l'autorisation d'officier la messe en latin. Le collectif, enfin, réplique en affirmant vouloir briser « "l'omerta" » et explique la passivité du diocèse par le fait que « le diocèse a besoin d'eux pour pallier le manque de prêtres et vice versa ».