Les collectifs de victimes : un contrepoids indispensable
face à ceux qui veulent "laver le linge sale en famille"
face à ceux qui veulent "laver le linge sale en famille"
25.09.2026
Le journal suisse Le Temps s'est intéressé aux collectifs de victimes dans l'Eglise, en marge de la visite paple en France. L'article intitulé « L’institution ne peut plus botter en touche » : face à l’Eglise catholique, les collectifs de victimes de violences apportent un contrepoids de taille met en lumière la place croissante et le rôle décisif de ces regroupements.
Ce texte fait écho à une actualité forte : une lettre ouverte adressée au pape Léon XIV par 215 signataires et 8 collectifs de victimes, demandant au souverain pontife de prononcer une parole forte contre les abus spirituels à l'occasion de sa visite en France.
Voici les points essentiels de cet article :
Rompre l'isolement et briser le silence : face à l'ampleur des abus spirituels, d'emprise ou des agressions sexuelles au sein de certaines congrégations, la création de structures collectives s'avère indispensable. Comme l'indique le membre du collectif des victimes de l'ICRSP interrogé par Le Temps : « Ils permettent de rompre l'isolement et de libérer la parole ».
Il ajoute : « Si nous mettons la thématique des abus sur la place publique, c'est que nous n'avons pas le choix. C'est le seul moyen de se faire entendre. »
Le retard et la stratégie d'omerta des milieux traditionalistes : notre collectif pointe du doigt le décalage des structures traditionalistes sur ces questions. « De nombreuses communautés, notamment traditionalistes, sont en retard sur l'Eglise sur le sujet des abus », ce qui entretient « toujours une forme d'omerta ».
Il dénonce également la stratégie de l'ICRSP qui « trop souvent isole voire menace les victimes, pour éviter que ces dernières comprennent que le problème est global », en essayant de « tout simplement laver son linge sale en famille ».
Un contrepoids face à l'institution : à l'instar d'autres groupements, l'action conjointe de ces collectifs et leur visibilité médiatique exercent une pression constante. « L'institution ne peut plus botter en touche », analyse le porte-parole du collectif des victimes de la Fraternité Saint Pie X.
Selon le sociologue Josselin Tricou, cette mobilisation collective force l'appareil ecclésial à modifier ses routines et à engager un « bricolage institutionnel » sous contrainte.